« Une méthode de reconnaissance des apparentés sur des mesures quantitatives », revisitée 30 ans après.
Pierre Darlu  1  
1 : Eco-Anthropologie et Ethnobiologie
Museum National d'Histoire Naturelle, Université Paris Diderot - Paris 7, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR7206

Certaines collaborations se construisent grâce à la convergence de parcours scientifiques différents. Malheureusement, elles aboutissent souvent à des publications qui, médiocrement éditées dans d'obscures revues, ou mal vendues par les auteurs eux-mêmes, disparaissent dans l'immense gouffre des écrits oubliés. Sans doute fut-ce le cas du travail mené il y a plus de 32 ans par Jean-Pierre Bocquet-Appel et moi-même. Il ambitionnait d'inférer le degré de parenté entre deux personnes simplement à partir des données anthropométriques (sur le squelette ou le vivant). Il fut mené non sans mal. La raison essentielle tenait à l'écart évident entre nos formations respectives, davantage autodidacte et imaginative pour Jean-Pierre Bocquet-Appel, plus (ou trop) académique pour moi.

Depuis, la thématique de la reconnaissance de parenté a progressé de telle façon que les approches anciennes semblent ne plus avoir grand d'intérêt. Pourtant les techniques de comparaisons faciales en 3D constituent une prolongation évidente de ces procédures anciennes. De même, les méthodes de séquençages d'ADN et les comparaisons des longueurs « identical by descent » (ibd) entre personnes remplacent les vieilles ou modernes méthodes anthropométriques, avec une efficacité qui ne va pas sans soulever quelques problèmes éthiques.


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